260 €, c’est le prix payé pour ce qui ressemblait à une bonne affaire sur une petite annonce. Trois jours plus tard, l’écran affichait « Aucun service », peu importe la carte SIM insérée. Le coupable ? Un numéro IMEI jamais vérifié avant l’achat, et un simple code de cinq caractères, *#06#, qui aurait pu éviter toute cette galère.
À retenir
- Un code secret de cinq caractères révèle en dix secondes si votre téléphone d’occasion est bloqué
- L’IMEI, carte d’identité unique du téléphone, peut être blacklisté sans que le vendeur le sache
- Un refus du vendeur de communiquer l’IMEI doit vous mettre immédiatement en alerte
Ces cinq caractères qui valent de l’or
L’IMEI, c’est la carte d’identité du téléphone. Le numéro IMEI est la carte d’identité unique de votre téléphone : une série de 15 chiffres qui l’identifie sur tous les réseaux, quel que soit l’opérateur. Contrairement au numéro de série gravé sous la coque, celui-ci sert directement aux opérateurs pour décider si l’appareil a le droit de se connecter au réseau. L’IMEI permet à un opérateur de téléphonie mobile d’identifier l’appareil et de décider s’il autorise ou non l’utilisateur à se connecter au réseau mobile.
Le problème, c’est que ce numéro peut être signalé comme volé ou perdu par son ancien propriétaire, et là, plus rien ne fonctionne. Un téléphone blacklisté a été signalé volé, perdu ou lié à des impayés, il est inutilisable sur n’importe quel réseau, quelle que soit la SIM insérée. le vendeur peut être parfaitement honnête et ignorer lui-même que son ancien combiné traîne un blocage administratif datant de plusieurs mois. Une ex-copine qui avait déclaré le vol après une rupture houleuse, un signalement fait « au cas où » après une soirée trop arrosée où le téléphone avait disparu du sac avant de réapparaître trois jours plus tard dans une poche de manteau : les scénarios sont variés, et le résultat est identique pour l’acheteur final.
Récupérer l’IMEI prend dix secondes. La première chose à faire est de se rendre dans l’application téléphone et de taper la suite de caractère suivante : *#06# Vous obtiendrez ici quelques informations dont le numéro IMEI. Sur les modèles double SIM, deux numéros apparaissent, il faut noter les deux, car un téléphone bloqué réseau (simlocké) fonctionne mais uniquement avec un opérateur, tandis qu’un téléphone blacklisté a été signalé volé, perdu ou lié à des impayés, ce sont deux problèmes bien distincts qui méritent chacun leur vérification.
La vérification qui prend deux minutes chrono
Une fois le fameux numéro à 15 chiffres en main, encore faut-il savoir où le taper. Il suffit de le saisir sur un site de vérification comme IMEI.info ou sur la plateforme officielle d’IMEI Check pour voir si l’appareil figure dans une liste noire. Ces plateformes croisent l’IMEI avec les bases de données des opérateurs et remontent en quelques secondes le statut de l’appareil.
En France, c’est un organisme public qui centralise ces signalements. La base est gérée par l’ANFR, alimentée par les plaintes déposées auprès de la police. Concrètement, dès qu’une victime de vol dépose plainte et transmet son IMEI, l’appareil entre dans cette liste noire consultée par tous les opérateurs du territoire. Et la sanction est immédiate et totale : le téléphone ne peut alors plus se connecter à aucun réseau en France, peu importe la carte SIM que vous insérez.
Un détail que beaucoup zappent : sur iPhone, pas besoin de composer de code pour vérifier le verrouillage réseau. Apple a intégré depuis iOS 14 un moyen natif de vérifier le statut de déverrouillage directement dans les réglages. Si la ligne affiche « Aucune restriction SIM », votre iPhone est débloqué tout opérateur. Si un nom d’opérateur apparaît à la place, l’appareil reste verrouillé sur ce réseau. Ça règle la question du simlockage, mais pas celle du blacklistage, qui reste l’étape à ne jamais zapper avant de sortir son portefeuille.
Un signal d’alarme mérite d’être pris au sérieux avant même de sortir son téléphone pour vérifier quoi que ce soit. Un vendeur qui refuse de vous communiquer l’IMEI avant la transaction est un signal d’alarme. Un vendeur honnête n’a strictement aucune raison de tergiverser sur ce point, ça prend dix secondes et ça ne coûte rien.
Trop tard, le mal est fait : quels recours ?
Pour la personne qui a claqué 260 € et découvre le blocage après coup, la situation est frustrante mais pas totalement sans issue. La première chose à comprendre, c’est l’origine du blocage. Dans le cas le plus fréquent chez les acheteurs d’occasion, l’ancien propriétaire a déposé plainte et l’opérateur a bloqué l’IMEI à sa demande. Bonne nouvelle relative : ce type de blocage n’est pas forcément définitif. Si le téléphone a été déclaré perdu puis restitué, le blocage a été levé après vérification.
La marche à suivre reste toujours la même : contacter l’opérateur qui a procédé au blocage, en général identifiable via les bases de vérification en ligne. Après le diagnostic, il faut privilégier la voie officielle en contactant l’opérateur qui a inscrit l’IMEI, cette démarche préserve la légalité et la garantie, et réduit le risque de récidive. Tenter de bricoler ou de faire « reflasher » l’IMEI par un réparateur peu scrupuleux est une fausse bonne idée : modifier l’IMEI expose à des sanctions pénales et à la perte de garantie de l’appareil.
Sur le plan légal, l’acheteur floué a des billes à jouer contre le vendeur : vente de bonne foi ou pas, un appareil inutilisable pour cause de blocage tiers relève du vice caché, et un remboursement ou une résolution de vente peut être exigé, surtout si l’annonce initiale ne mentionnait aucune restriction. Encore faut-il pouvoir identifier et recontacter le vendeur, ce qui explique pourquoi les plateformes qui exigent un profil vérifié ou un paiement traçable protègent bien mieux que les échanges en liquide sur un parking.
Un chiffre à garder en tête avant la prochaine bonne affaire repérée sur une annonce : le désimlockage, lui, est gratuit et encadré depuis 2015. En France, le désimlockage est gratuit depuis 2015, c’est une obligation légale encadrée par l’ARCEP : votre opérateur d’origine doit vous fournir le code de déverrouillage sur simple demande, sans frais. Ça ne concerne pas le blacklistage pour vol, mais ça vaut le coup de le savoir : si un vendeur prétend qu’un déblocage coûte cher, il ment ou il ne connaît pas la loi.
Sources : lesmobiles.com | journaldufreenaute.fr