Chaque fois que vous rallumez votre imprimante jet d’encre, elle lance automatiquement un cycle de nettoyage de ses têtes d’impression. Ce mécanisme, invisible mais bien réel, consomme de l’encre, parfois de façon significative. L’intention est louable, économiser des ressources, mais le résultat est exactement l’inverse de ce qu’on espère.
À retenir
- Chaque allumage d’une imprimante jet d’encre déclenche un cycle de nettoyage invisible qui consomme de l’encre
- Ces cycles parasites peuvent représenter 20 à 30 % de la consommation d’une cartouche
- La veille coûte moins cher en encre que d’éteindre et rallumer régulièrement
Ce qui se passe vraiment au moment où vous appuyez sur « On »
Les imprimantes jet d’encre lancent des cycles de nettoyage automatiques à chaque démarrage. À chaque fois que vous allumez la machine, elle purge un peu d’encre pour déboucher les buses. Ce n’est pas un choix optionnel : c’est inscrit dans le firmware de la machine, quel que soit le fabricant. La fréquence varie d’un fabricant à un autre, mais la mise sous tension de l’imprimante déclenche un cycle de maintenance quel que soit le fabricant.
Ce qui rend la situation encore plus piquante, c’est que les fabricants ne s’en vantent pas, mais à chaque fois que vous rallumez l’imprimante complètement, donc pas en sortie de veille, l’imprimante consomme de l’encre. C’est une des raisons pour lesquelles certains utilisateurs ont l’impression d’avoir fait moins d’impressions que prévu. Les promesses de « 300 pages par cartouche » intègrent rarement ces cycles parasites dans leur calcul.
Pendant les cycles de maintenance, votre imprimante consomme de l’encre, parfois de 20 à 30 % par cartouche. Cela peut s’accumuler rapidement, au grand dam de votre porte-monnaie. Multipliez ça par un allumage quotidien, et vous comprenez pourquoi vos cartouches semblent se vider « toutes seules ».
La logique contre-intuitive de la veille
En ce qui concerne la consommation d’une imprimante en mode veille, elle est nulle en termes d’encre. L’imprimante ne consomme pas d’encre dans l’état veille. C’est là que réside toute l’ironie de la situation : laisser l’imprimante allumée en veille préserve vos cartouches, alors qu’éteindre systématiquement après chaque usage les vide progressivement.
Lorsqu’une imprimante est correctement éteinte via son bouton d’alimentation, les têtes d’impression se replacent automatiquement en position de repos, à l’abri de l’air. C’est la raison pour laquelle il faut toujours utiliser le bouton officiel de l’appareil, et jamais couper directement l’alimentation au niveau de la prise, ce qui laisserait les buses exposées. Mais si vous rallumez le lendemain matin, le cycle repart de zéro.
Sur le plan électrique, l’argument tombe lui aussi à plat. L’imprimante moyenne en mode veille consomme environ 3 watts d’énergie, soit moins qu’une veilleuse classique. Si votre imprimante fonctionne en mode veille en continu, cela ne coûte qu’environ 2,50 euros par an. Comparez ça au prix d’une cartouche d’encre jet d’encre originale, et la balance penche clairement d’un côté.
Afin de minimiser la consommation d’encre, il est recommandé de laisser votre imprimante allumée. Cela réduira le nombre de cycles de maintenance et réduira votre consommation d’encre au minimum. Éteindre et rallumer constamment votre imprimante sollicite plus souvent les têtes d’impression et les use sur le long terme.
Le problème aggravé par l’inactivité prolongée
L’autre facette du problème, c’est quand on n’imprime pas pendant des semaines, puis qu’on rallume d’un coup. Le problème apparaît surtout lorsque l’imprimante est rallumée après une longue période d’inactivité et que l’on lance immédiatement une impression importante, sans laisser à l’encre le temps de se réactiver correctement.
Les consommables pour les imprimantes jet d’encre sont composés d’eau, de solvants et de pigments. L’eau ainsi que les solvants s’évaporent, pour ne laisser que les pigments, qui forment une sorte de pâte bouchant les têtes d’impression. Le résultat : un cycle de nettoyage encore plus agressif au redémarrage, et potentiellement plusieurs cycles successifs avant d’obtenir une impression correcte.
Enchaîner plusieurs nettoyages successifs est rarement une bonne idée. Chaque cycle consomme de l’encre, parfois plus qu’une impression classique. Des cycles de nettoyage répétés peuvent consommer une quantité significative d’encre, parfois 10 à 25 % d’une cartouche, ils doivent donc être utilisés avec parcimonie.
La bonne nouvelle : lorsqu’elle est en veille, une imprimante effectue des micro-nettoyages automatiques qui maintiennent l’encre en mouvement. Débrancher la prise court-circuite ce mécanisme. la veille n’est pas une fainéantise électronique, c’est de l’entretien préventif discret.
Ce qu’il faut vraiment faire
La règle d’or, c’est d’utiliser le bouton dédié de l’imprimante pour l’éteindre, jamais la prise, et de la laisser en veille entre les usages réguliers. Éteignez l’imprimante à l’aide de la commande appropriée sur l’écran, de sorte qu’elle effectue un cycle de nettoyage de la tête avant de s’arrêter complètement. Ce comportement, intégré dans le firmware, place les buses en position protégée.
Ne laissez pas l’imprimante sans utilisation pendant de longues périodes sans imprimer au moins une fois par semaine. Une simple page suffit : quelques lignes de texte ou une impression incluant un peu de couleur. Ce geste permet de faire circuler l’encre dans les buses de la cartouche et d’éviter le dessèchement progressif.
Pour les imprimantes laser, tout ce raisonnement ne s’applique pas. Les imprimantes laser n’ont pas ce souci, puisque l’encre contenue dans les toners est en poudre et ne risque donc pas de sécher. Si vous imprimez rarement et que vous ne souhaitez pas vous contraindre à une impression hebdomadaire, passer au laser est une alternative sérieuse à considérer, même si le coût initial est plus élevé. Le modèle économique des constructeurs n’est pas un secret : l’imprimante est souvent vendue presque à perte, et les fabricants ont tout intérêt à ce que vous consommiez vite vos cartouches. Ce n’est pas un complot, c’est simplement leur modèle économique.
Sources : tout-en-couleur.com | tourisme-numerique.com