Direction Linux Mint, Ubuntu ou Zorin OS. C’est la réponse qui surprend le plus de monde, y compris chez les informaticiens habitués à voir le grand public fuir tout ce qui n’est pas Windows : face à la fin du support de Windows 10, des millions de propriétaires de PC soi-disant « obsolètes » ont tout simplement installé une distribution Linux à la place. Pas par militantisme geek, mais parce que leur machine, souvent parfaitement fonctionnelle, ne cochait pas une case administrative imposée par Microsoft.
Le 14 octobre 2025, Windows 10 a officiellement cessé de recevoir des correctifs de sécurité gratuits. Depuis cette date, Microsoft ne publie plus de correctifs de sécurité, de mises à jour de fonctionnalités ni d’assistance technique pour ce système, et des millions d’utilisateurs doivent choisir une voie. Sur le papier, la logique est simple : migrer vers Windows 11. Dans les faits, une bonne partie du parc mondial en est incapable.
À retenir
- 240 millions de PC mondiaux ont été abandonnés par Microsoft, pas parce qu’ils sont cassés, mais pour des raisons administratives
- Linux Mint émerge comme la distribution préférée des utilisateurs ordinaires grâce à son interface quasi identique à Windows
- Microsoft a fait volte-face en juin 2026 en repoussant la fin du support, révélant des tensions cachées avec l’industrie de l’IA
Le vice caché derrière le mot « obsolète »
Le chiffre donne le vertige. Environ 240 millions de PC dans le monde ne reçoivent plus de mises à jour de sécurité et ne sont plus éligibles à Windows 11, qui réclame un processeur récent, une puce TPM 2.0 et le Secure Boot activé. D’autres estimations grimpent bien plus haut : l’association Public Interest Research Group (PIRG) estimait que l’arrêt du support de Windows 10 risquait de rendre obsolètes près de 400 millions d’ordinateurs encore fonctionnels dans le monde.
Le plus absurde dans l’histoire, c’est que ces machines n’ont souvent rien de cassé. La plupart des ordinateurs fabriqués avant 2017 sont déclarés obsolètes par décret marketing, alors qu’ils fonctionnent parfaitement. Un processeur qui tourne encore à plein régime, une carte mère qui n’a jamais bronché, mais pas de puce TPM 2.0 : verdict, direction la benne selon Microsoft. Ce raisonnement a fini par agacer bien au-delà des cercles techniques. En France, l’association UFC-Que Choisir a appelé Microsoft à revoir sa position, dénonçant avec le soutien de l’association Halte à l’obsolescence programmée les conséquences économiques et environnementales d’un remplacement massif d’équipements encore opérationnels.
Résultat concret pour ceux qui refusent de racheter une machine juste pour satisfaire un cahier des charges matériel : la bascule vers l’open source. Et là, la statistique impressionne. Selon les relevés de StatCounter cités par plusieurs observateurs, la part de marché de Linux sur ordinateur personnel progresse nettement aux États-Unis, passant d’environ 5 % en 2025 à un niveau plus élevé courant 2026, portée notamment par la fin du support de Windows 10/11 qui pousse les utilisateurs à chercher des alternatives dans les distributions Linux.
Pourquoi Linux Mint et pas autre chose
Si un nom revient sans cesse dans les témoignages d’utilisateurs lambda, ce n’est ni Ubuntu ni Fedora, mais Linux Mint. La raison est presque bête : c’est la distribution qui ressemble le plus à l’interface Windows à laquelle des générations d’utilisateurs sont habituées. Menu Démarrer, barre des tâches, icônes système, tout est pensé pour ne pas dépayser. Des distributions comme Linux Mint ou Ubuntu offrent une expérience proche de Windows et fonctionnent sur des PC anciens.
Côté usage quotidien, la promesse tient la route. Pour la majorité des usages quotidiens comme le web, l’e-mail, la bureautique, la vidéo et la musique, des distributions comme Linux Mint ou Ubuntu offrent une expérience proche de Windows, les limites concernant surtout les jeux récents, les logiciels professionnels spécialisés et certains périphériques exotiques. Pour un usage familial classique, la transition passe donc quasiment inaperçue. Les associations et repair cafés qui accompagnent ce basculement le confirment sur le terrain : des vieux portables qui ramaient sous Windows 10 retrouvent une seconde jeunesse une fois débarrassés des processus en arrière-plan de l’OS de Microsoft.
Le vrai déclic, c’est souvent la fluidité retrouvée. Un PC de 8-10 ans qui peinait à ouvrir un navigateur redevient utilisable pour de la bureautique, du streaming ou de la visioconférence. Personnellement, je trouve ça presque ironique : Microsoft voulait pousser au renouvellement du parc, et le résultat, c’est que des utilisateurs découvrent qu’ils n’avaient pas besoin d’un PC neuf du tout, juste d’un autre système d’exploitation.
Le rebondissement que Microsoft n’avait pas prévu
Voilà pour la partie qui a fait la une pendant l’automne 2025. Mais l’histoire ne s’arrête pas là, et c’est là que ça devient franchement inattendu. En juin 2026, Microsoft a fait volte-face de manière spectaculaire. L’entreprise a annoncé que la fin du programme ESU était repoussée d’un an, glissant du 16 octobre 2026 au 12 octobre 2027, offrant ainsi un nouveau sursis gratuit à des millions de PC sous Windows 10.
La raison de ce rétropédalage tient en un mot : l’IA. La vraie raison n’est pas seulement politique, elle a un nom, l’intelligence artificielle : l’appétit féroce des géants de l’IA pour les composants électroniques a fait littéralement flamber les prix de la mémoire vive, du stockage et des cartes graphiques. Renouveler son parc informatique est devenu, pour beaucoup de foyers, un luxe difficile à justifier au moment même où Microsoft voulait accélérer la bascule vers Windows 11.
Ce contexte change la donne pour qui hésite encore. Si votre PC tourne sous Windows 10 et que vous voulez tester Linux sans rien casser, la manipulation la plus sûre reste de créer une clé USB bootable et de lancer la distribution en mode « Live », sans toucher au disque dur : vous naviguez, ouvrez vos fichiers, jugez sur pièce, et si ça ne convient pas, vous redémarrez sous Windows comme si de rien n’était. C’est gratuit, ça prend une soirée, et ça évite de trancher dans le vif avant d’être sûr de son choix.
Sources : linux.developpez.com | quelbonplan.fr