Vos ampoules connectées sont éteintes depuis l’app : ce qu’elles consomment encore va vous faire changer de réflexe

Éteindre ses ampoules connectées depuis l’app et croire qu’elles ne consomment plus rien : c’est l’idée reçue la plus répandue dans la maison intelligente. La réalité est plus nuancée, et elle dépend directement du protocole utilisé par vos ampoules. Mais même nuancée, elle mérite qu’on change un réflexe.

À retenir

  • Une ampoule connectée ‘éteinte’ consomme entre 4 et 18 kWh par an en veille
  • Dix ampoules connectées peuvent coûter plus cher que le pont Zigbee censé les contrôler
  • La vraie économie d’énergie vient de l’automatisation, pas de la veille

Ce que « éteint » veut vraiment dire pour une ampoule connectée

La connectivité permanente de ces ampoules a un coût caché : la consommation en veille. Quand un utilisateur éteint une ampoule connectée depuis son smartphone, l’ampoule cesse d’émettre de la lumière, mais elle consomme en réalité de l’électricité en continu. C’est là que le terme « éteint » devient trompeur.

Les ampoules connectées en Wi-Fi ou Bluetooth restent en veille pour recevoir vos ordres à distance, et consomment donc une petite quantité d’énergie, même éteintes. C’est la condition sine qua non de leur fonctionnement : si elles ne restaient pas à l’écoute, impossible de les rallumer depuis votre canapé ou depuis l’autre bout de la planète.

Concrètement, les ampoules Zigbee ou Z-Wave consomment environ 0,2 à 0,5 watt en veille, tandis que les ampoules Wi-Fi, plus gourmandes en électronique, tirent entre 0,5 et 1,5 watt, voire davantage pour certains anciens modèles. La différence entre protocoles est réelle : une ampoule Wi-Fi peut consommer trois fois plus en veille qu’une ampoule Zigbee, pour une fonctionnalité quasi identique à l’usage.

Pour les ampoules connectées, le plus difficile n’est pas de connaître la consommation en utilisation, c’est noté dessus. C’est la consommation en veille, car comme elles sont connectées, elles communiquent en permanence. Et c’est souvent cette donnée que les fabricants omettent volontiers dans leurs fiches.

Les chiffres : le vrai impact sur votre facture

Une ampoule connectée consomme en moyenne environ 1 watt en mode veille. Ça paraît dérisoire. Mais on parle souvent de 0,5 à 2 watts pour une ampoule connectée, et sur une année, cela peut représenter entre 4 et 18 kWh par lampe.

Une seule ampoule, ça reste anecdotique. Le calcul devient intéressant à l’échelle d’un logement équipé. Seule, une lampe connectée n’explose pas votre facture, mais si vous en avez 10 ou 15, l’impact se cumule. Et les foyers domotisés comptent rarement moins que ça.

Pour les systèmes Zigbee avec pont dédié, il faut ajouter un élément souvent oublié dans les calculs. Pour les personnes ayant un pont Zigbee, il faut ajouter la consommation du pont en plus des ampoules en veille. Finalement, à quelques centimes près, le coût annuel de l’ampoule seul reste comparable, mais ce pont consomme environ 26,3 kWh par an, soit près de 4 euros annuels supplémentaires.

Replacé dans un contexte plus large, ce phénomène n’est pas propre aux ampoules. La veille des appareils électriques représente en moyenne 300 à 500 kWh par an selon les logements. Pour un foyer type, la valeur de référence atteint environ 334 kWh par an, soit près de 15 % de la consommation totale. Selon une étude de l’ADEME, chaque foyer français possède entre 15 et 50 appareils qui restent en veille, et la puissance totale consommée par ces dispositifs dépasse souvent 50 watts. Cela représente 80 euros par an uniquement pour maintenir ces appareils en veille.

Le dilemme de l’interrupteur mural

Beaucoup de gens découvrent un jour la solution la plus évidente pour zéro consommation en veille : couper le courant à l’interrupteur mural. Résultat immédiat, garanti. Mais les interrupteurs muraux classiques peuvent poser problème : si on coupe le courant, la lampe n’est plus atteignable via l’application. Vous venez de transformer votre ampoule connectée en ampoule ordinaire, sans aucun des avantages pour lesquels vous l’avez achetée.

C’est le paradoxe central de l’ampoule connectée : éteindre l’interrupteur est une solution efficace pour diminuer la consommation en veille, mais cela peut sembler frustrant, car l’un des avantages des ampoules connectées est leur contrôlabilité à distance.

La sortie de ce dilemme existe, et elle prend deux formes. La première : regrouper vos ampoules sous un seul pont domotique (bridge), pour éviter que chaque ampoule maintienne une connexion Wi-Fi individuelle. La seconde, plus radicale : remplacer l’interrupteur mural classique par un interrupteur connecté, qui lui envoie un signal radio à l’ampoule sans couper le courant. La meilleure alternative reste le micromodule connecté, installé derrière l’interrupteur classique, ce qui permet de conserver un aspect totalement identique aux autres interrupteurs, mais aussi le fonctionnement manuel, en plus de la connectivité pour un pilotage automatique ou distant.

Ce que les nouvelles normes changent (et ce qu’elles ne changent pas)

De nouvelles normes européennes, entrées en vigueur en mai 2025, limitent la consommation en veille des appareils vendus dans l’Union Européenne à 0,5 W. Auparavant, cette consommation était limitée à 1 W. Bonne nouvelle sur le papier. Mais les appareils connectés entrent dans une catégorie différente car ils sont actifs en permanence (mises à jour, réseau), et ne sont donc jamais vraiment « en veille » au sens réglementaire du terme. On parle plutôt de « veille réseau » ou d’état actif à faible consommation.

Même avec des normes plus strictes, un grand nombre d’appareils faiblement consommateurs en veille finit par représenter un volume d’énergie non négligeable. Le réflexe de coupure totale conserve donc tout son intérêt. Ce qui change concrètement, c’est que les ampoules récentes du marché sont mieux calibrées. Des études ont montré que la consommation en veille de la majorité des modèles testés est inférieure à 0,5 W. Les ampoules Wi-Fi d’entrée de gamme, souvent achetées par lots en supermarché, restent les moins vertueuses sur ce point.

Le vrai levier d’économie n’est d’ailleurs pas la veille des ampoules : c’est leur utilisation intelligente. Automatiser les lumières pour qu’elles s’éteignent quand les pièces sont inoccupées, ajuster la luminosité selon l’heure de la journée, minimiser l’électricité gaspillée, voilà ce qui peut réellement faire baisser une facture. Une ampoule connectée qui s’allume et s’éteint toute seule selon votre présence consomme souvent moins qu’une ampoule classique laissée allumée par réflexe. C’est, en définitive, le seul argument énergétique vraiment solide de la maison connectée.

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