La box internet qui tourne en permanence dans le couloir. La console de jeu que votre ado a « éteinte » avec la télécommande. L’imprimante dans le bureau, oubliée depuis des semaines. Ces appareils vous coûtent de l’argent en ce moment même, pendant que vous lisez ces lignes. Et le pire, c’est que vous ne le saviez probablement pas.
Même lorsqu’ils semblent « au repos », vos appareils continuent à consommer de l’électricité. Une consommation invisible, mais bien réelle, qui peut représenter jusqu’à 15 % de votre facture. Pas 1 %, pas 2 %. Quinze. Pour un foyer moyen, ça peut rapidement se traduire par plusieurs dizaines d’euros par mois partis en fumée, ou plutôt en chaleur résiduelle au fond d’une prise murale.
À retenir
- Une consommation invisible tue votre portefeuille même quand vos appareils sont « éteints »
- Certains foyers perdent plus de 500 € par an sans jamais soupçonner d’où ça vient
- Des solutions simples et automatisées existent pour reprendre le contrôle immédiatement
Le coupable numéro un que personne ne soupçonne
Le bouton marche/arrêt se situe souvent après le transformateur. Résultat : tant que l’appareil reste branché, le courant continue de circuler et certains composants restent actifs. C’est notamment le cas des voyants lumineux, des modules Wi-Fi ou Bluetooth et des horloges numériques, des éléments anodins qui restent allumés 24 h/24.
Concrètement, voici qui mange votre électricité en silence. Un décodeur ou une box internet peut consommer jusqu’à 12 W en continu, soit environ 90 à 100 kWh par an, ce qui représente environ 20 €. Ça, c’est un seul appareil. Ajoutez à ça la Smart TV branchée en permanence, la console de jeux en veille, l’enceinte connectée qui écoute vos blagues douteuses à longueur de journée.
Plus un appareil est « intelligent », plus il aura une consommation fantôme importante. C’est le paradoxe absolu de la maison connectée : on achète des gadgets censés nous simplifier la vie, et ils nous pompent tranquillement de l’argent pendant qu’on dort. Les appareils connectés comme une box Wi-Fi sont dans une catégorie différente, car ils sont actifs en permanence (mises à jour, réseau), et ne sont donc jamais vraiment « en veille ». On parle plutôt de « veille de réseau » ou d’état actif à faible consommation.
Selon l’Ademe, chaque foyer français possède entre 15 et 50 appareils qui restent toujours en veille. Faites le calcul dans votre tête, pièce par pièce. Cuisine, salon, chambre, bureau. Ça monte vite.
Combien ça coûte vraiment ?
Selon l’Ademe, les veilles consomment entre 300 et 500 kWh par an, soit environ 11 % de la facture d’électricité d’un foyer moyen. Pour un foyer moyen (2 adultes et 1 enfant), la consommation liée aux veilles représente entre 80 et 150 € par an, soit environ 10 à 15 % de la facture d’électricité selon l’Ademe. Ce montant dépend du nombre d’appareils branchés en continu et de leur efficacité énergétique.
Ramené en mensuel, on parle de 7 à 12 € par mois. Pas de quoi sauter au plafond, me direz-vous. Sauf que certains foyers dépassent largement ces chiffres. On parle de cas extrêmes où plusieurs facteurs se cumulent : une absence de programmation intelligente, aucun système d’extinction automatique, un logement très équipé avec plus de 40 à 50 appareils électriques laissés en veille (TV, box, consoles, assistants vocaux, électroménager). Là, on peut facilement atteindre les 40 € supplémentaires par mois évoqués dans le titre, voire davantage.
Certains équipements consomment même davantage d’énergie en veille qu’en fonctionnement. C’est le cas par exemple des consoles de jeux vidéo. Une information que les fabricants ne mettent pas en avant dans leurs communiqués de presse, étrangement.
Comment identifier les vampires électriques chez vous
Première technique, ultra simple : touchez vos appareils qui sont censés être éteints. S’ils sont tièdes, ils consomment. Observez aussi les voyants (rouge, bleu, horloge) : ils signalent une mise en veille active. Ce petit point lumineux rouge sur votre télé n’est pas là pour décorer.
Pour aller plus loin, le wattmètre se révèle l’outil idéal pour quantifier les veilles cachées. Branché entre la prise murale et l’appareil testé, il affiche la consommation réelle en watts avec une précision de 0,1 W. Cet appareil simple (environ 15 à 20 €) permet de mesurer précisément la consommation d’un équipement sur 24 h ou plus. Investissement remborti en quelques semaines si vous identifiez les bons coupables.
Si vous avez un compteur Linky, vous disposez aussi d’un outil gratuit et souvent sous-utilisé. Enedis collecte vos données de consommation. Depuis votre compte particulier Enedis, vous pouvez activer l’option de collecte de la consommation horaire. En vous rendant dans la rubrique « Suivre mes mesures », vous pourrez afficher votre consommation heure par heure. Regardez ce que vous consommez entre 2h et 6h du matin, quand tout le monde dort. Ce chiffre, c’est votre consommation fantôme brute.
Les solutions concrètes pour reprendre le contrôle
Débrancher tout à la main, c’est le conseil qu’on lit partout, et c’est aussi celui que personne ne suit sur la durée. Soyons honnêtes. La bonne approche consiste à automatiser ce qu’on ne peut pas discipliner.
Les prises coupe-veille permettent de détecter une baisse de tension des appareils qui leur sont connectés, puis de les couper automatiquement. Elles peuvent aussi s’accompagner d’un système de programmation ou d’une télécommande pour un pilotage à distance. Idéal pour le salon : on coupe la TV, et la prise s’occupe d’éteindre tout le reste.
Les prises connectées se branchent dans les prises murales classiques et se connectent au Wi-Fi. On peut les contrôler à distance via une application mobile, ce qui signifie que n’importe quel appareil branché peut être éteint et allumé à distance, depuis le téléphone, ce qui permet de gérer et de contrôler la consommation électrique de plusieurs appareils. En 2026, des solutions comme les capteurs sur disjoncteurs ou des assistants connectés (Ecojoko par exemple) analysent toute la maison en temps réel, et des prises connectées comme TP-Link Tapo, Meross ou Eve Energy permettent de suivre la consommation via une application mobile.
Les consoles de jeux continuent à utiliser beaucoup d’électricité en veille, car elles sont dotées de nombreux dispositifs « intelligents ». Optez pour le mode économie d’énergie plutôt que le mode veille qui intègre le « Démarrage instantané ». Et activez l’option d’extinction de la console au bout d’un certain temps d’inutilisation. Ce réglage prend trente secondes et peut vous économiser plusieurs euros par mois.
Attention : il est déconseillé de débrancher à tout va les équipements électriques. Si une machine à café ou un grille-pain peuvent être débranchés sans conséquence, il en est autrement d’un lave-vaisselle ou d’un lave-linge. Certains appareils utilisent leur veille pour des fonctions de sécurité ou de détection des fuites.
La vraie question qui mérite réflexion : si nos objets du quotidien sont devenus si gourmands sans qu’on s’en aperçoive, qu’est-ce que ce sera quand chaque ampoule, chaque volet, chaque réfrigérateur sera « connecté » dans la maison de demain ? L’intelligence artificielle embarquée dans nos gadgets finira peut-être par nous aider à gérer tout ça, ou peut-être que ce sera simplement une excuse pour consommer encore plus.