Cliquez sur le petit pictogramme sous la photo du smartphone avant de commander : c’est le test qui révèle combien de recharges il tiendra vraiment

Depuis le 20 juin 2025, un petit pictogramme discret niché sous la photo de chaque smartphone neuf vendu en France et dans l’Union européenne révèle une info que les fabricants planquaient soigneusement jusqu’ici : le nombre exact de recharges complètes que la batterie peut encaisser avant de perdre en performance. Concrètement, ce pictogramme indique le nombre de cycles de charge complète que vous pouvez réaliser jusqu’à ce que la batterie n’arrive plus à atteindre 80 % de sa capacité de base. Autant dire que si vous achetez encore un téléphone sans regarder ce chiffre, vous naviguez à l’aveugle.

À retenir

  • Un chiffre caché que les fabricants ne voulaient pas montrer apparaît maintenant sur chaque téléphone neuf
  • 800 cycles, c’est le nouveau seuil légal minimum : mais certains en affichent beaucoup plus
  • Un QR code mène à des infos que l’étiquette ne dit pas — et que vous devriez consulter avant de commander

Un pictogramme, un chiffre, et fini le flou artistique

Petit rappel pour ceux qui auraient loupé le tournant : l’étiquette énergie, cette fameuse échelle colorée qu’on connaissait déjà sur les frigos et les lave-linge, débarque enfin sur les téléphones. L’étiquette, familière à ceux qui ont déjà acheté un lave-linge ou un réfrigérateur, reprend le principe d’une échelle colorée allant de A à G, du vert au rouge. Mais la vraie nouveauté, celle qui devrait changer vos habitudes d’achat, se cache tout en bas de l’étiquette, dans une série de petits pictogrammes qu’on a trop souvent tendance à zapper en magasin.

En bas, quatre pictogrammes renseignent sur des aspects essentiels du produit : résistance aux chocs, durée de vie de la batterie, réparabilité, et résistance à la poussière et à l’eau. Celui qui nous intéresse ici, la longévité de la batterie, s’accompagne d’une note de A à E et surtout d’un chiffre brut : le nombre de cycles. Un détail technique qui change tout dans la pratique, parce qu’un cycle ne correspond pas à une simple recharge. Longévité de la batterie, en nombre de cycles, de A à E. Cycle : une charge complète de 0 à 100 %, suivie d’un usage jusqu’à épuisement. Donc si vous rechargez votre téléphone deux fois par jour de 50 à 100%, ça ne compte que pour un cycle complet, pas deux. Ça change la donne dans l’estimation de la vraie durée de vie.

Ce qui rend ce pictogramme franchement intéressant, c’est qu’il ne s’agit plus d’une simple information cosmétique. Les fabricants sont désormais contraints par la loi. Toute batterie de smartphone devra supporter au moins 800 cycles de charge en conservant 80 % de sa capacité. Concrètement, ça veut dire qu’un smartphone qui affiche moins de 800 sur son étiquette n’a tout simplement pas le droit d’être vendu dans l’UE. Un vrai plancher réglementaire, du jamais vu sur ce marché.

Pour se donner une idée, 800 cycles avec une recharge quotidienne moyenne, ça représente plus de deux ans d’utilisation intensive avant que la batterie ne commence à fatiguer sérieusement, et beaucoup de constructeurs visent large en annonçant des chiffres bien supérieurs pour se démarquer. D’ailleurs, les premières comparaisons entre modèles haut de gamme montrent déjà des écarts notables : les étiquettes de certains flagships actuels montrent, entre autres, que le OnePlus 13 a la plus longue autonomie. De quoi transformer ce petit pictogramme en véritable argument de vente, et en outil de comparaison redoutable pour qui sait le lire.

Le reste de l’étiquette ne se limite d’ailleurs pas à la batterie. Juste à côté, un autre picto affiche la résistance aux chutes, avec une exigence minimale tout aussi corsée : tout smartphone devra résister à un minimum de 45 chutes d’un mètre, 35 chutes pour les pliants. Et pour la première fois de l’histoire du marché européen, un indice de réparabilité obligatoire apparaît directement sur le produit. C’est la première fois qu’un produit mis sur le marché européen devra afficher une note de réparabilité, ce qui remplace au passage l’ancien indice français qui existait de son côté depuis 2021.

Ce que le QR code révèle (et ce que l’étiquette ne dit toujours pas)

En haut de l’étiquette, un QR code discret permet d’aller beaucoup plus loin. Le QR code présent en haut de l’étiquette donne accès à la base de données européenne EPREL, dans laquelle vous trouverez notamment des informations complémentaires sur les produits. C’est là qu’on trouve la capacité exacte de la batterie en mAh, le système d’exploitation, ou encore le type de connectique. Un vrai réflexe à prendre avant de commander, surtout en ligne où on ne peut pas manipuler l’appareil.

Ces nouvelles règles ne se limitent pas à la batterie et à la casse. Les fabricants ont aussi des obligations de long terme qu’on découvre rarement en boutique : les fabricants doivent rendre les pièces détachées essentielles disponibles pendant sept ans après la fin de la commercialisation du modèle, et les mises à jour de sécurité et du système d’exploitation sont garanties pendant au moins cinq ans. Autant d’éléments qui, mis bout à bout, donnent une vision bien plus complète de la longévité réelle d’un smartphone que le simple prix affiché en vitrine.

Reste que tout n’est pas parfait dans ce nouveau dispositif. Certaines associations de consommateurs pointent déjà des couacs. L’association Halte à l’Obsolescence Programmée a exprimé sa déception dès l’entrée en vigueur du texte, regrettant des critères manquants ou encore un affichage dysfonctionnant sur certaines fiches produits. Un bémol qui n’enlève rien à l’intérêt du dispositif, mais qui rappelle qu’il vaut mieux croiser l’étiquette avec la fiche EPREL complète avant de sortir la carte bleue, histoire d’être sûr que le chiffre affiché correspond bien à la réalité du modèle que vous convoitez.

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