Je laissais ma box branchée 24h/24 et la télé en veille sans y penser : le jour où un électricien a sorti la calculette, j’ai compris ce que ces appareils m’avalaient en silence

La box internet allumée 24h/24, la télé en veille avec son petit voyant rouge qui clignote dans le noir, le décodeur TV qu’on ne pense jamais à éteindre parce que « ça met trop longtemps à redémarrer » : ces trois appareils forment un trio discret qui grignote votre facture d’électricité en silence, toute l’année, sans jamais que vous n’en ayez conscience. La dernière enquête de l’ARCEP, publiée en mai 2026, a mis des chiffres brutaux sur cette réalité que beaucoup de foyers ignorent encore.

À retenir

  • Votre box consomme presque autant en veille qu’en utilisation : un chiffre qui remet en question vos habitudes
  • Les appareils en veille représentent jusqu’à 80€ par an de dépenses invisibles chez un ménage moyen
  • Des gestes simples (coupure nocturne du Wi-Fi, multiprise) permettent d’économiser sans sacrifier le confort

90 % de consommation pour rien : le chiffre qui fait mal

L’ARCEP révèle qu’une box internet consomme 90 % de son énergie en veille, sans aucune utilisation. Cette découverte met en lumière un gaspillage énergétique massif touchant 33 millions de foyers français. que vous soyez en train de streamer une série en 4K ou parti en vacances deux semaines, votre box consomme à peu près pareil. C’est le genre de stat qui coupe court à toute discussion sur l’optimisation de ses usages numériques.

L’enquête annuelle a passé au crible 36 modèles de box internet, révélant des disparités énergétiques spectaculaires. En configuration de base, équipement allumé, Wi-Fi activé, sans appareil connecté ni trafic, la consommation moyenne atteint 9,1 watts. Les variations sont néanmoins saisissantes : de 3,3 watts pour les modèles les plus sobres à 25 watts pour les plus énergivores, soit un rapport de un à huit entre les extrêmes.

Un détail qui aggrave encore le bilan : l’activation du Wi-Fi ajoute à elle seule environ 1,8 watt supplémentaire, soit une hausse de 25 % de la consommation. L’Arcep note également que « hors toute sollicitation de l’utilisateur et avec le Wi-Fi activé, la consommation électrique des box représente 90 % de la consommation totale. » Et le plus paradoxal là-dedans ? Lancer un streaming vidéo en haute définition n’ajoute à cette consommation de fond qu’entre 0,1 et 1,2 watt supplémentaire. Naviguer ou ne rien faire, pour votre box, c’est presque la même chose.

Les box équipées d’un disque dur intégré pour l’enregistrement sont encore plus gourmandes. Les équipements intégrant un disque dur affichent une consommation particulièrement élevée, établie à 19,4 watts en moyenne. Cette surconsommation s’explique par la rotation permanente du disque, indépendante de toute utilisation effective.

Combien ça coûte vraiment sur une année ?

Une box internet tournant à 10 watts représente approximativement 87 kWh annuels, soit une vingtaine d’euros sur la facture électrique. L’ajout d’un décodeur et d’une télévision laissée en veille peut porter cette dépense à près de 70 euros par an. Soixante-dix euros, c’est le budget d’un bon repas au restaurant qui part en fumée chaque année sans que vous l’ayez décidé. Pour être plus précis encore : l’écosystème numérique complet, box, décodeur TV et téléviseur, consomme environ 356 kWh par an, soit 69 euros. C’est 3 fois plus que la box seule et autant qu’un sèche-linge.

Le décodeur TV mérite son propre paragraphe, parce que c’est l’appareil le plus trompeur. Un décodeur TV en veille consomme en moyenne 4,1 watts, mais les écarts sont encore plus spectaculaires : de 0,2 watt pour le plus efficace à 15,4 watts pour le plus ancien, soit un facteur 80. Un facteur 80, c’est colossal. Les décodeurs commercialisés avant 2020 consomment 6,5 watts en veille, contre 2,9 watts pour leurs équivalents récents. Si vous avez gardé votre vieux boîtier opérateur depuis 2016 parce qu’il « fonctionne encore très bien », c’est là que ça se paye.

N’oubliez pas non plus les répéteurs Wi-Fi, ces petits boîtiers que l’on installe dans un couloir et dont on ne repense jamais. Les répéteurs Wi-Fi, destinés à étendre la couverture réseau, ajoutent en moyenne 5,6 watts à la facture en continu. Cinq virgule six watts, 24h/24, 365 jours par an. Un appareil que la plupart des gens ont oublié qu’ils possèdent.

À l’échelle nationale, l’addition prend une tout autre dimension. L’utilisation des box internet et des décodeurs TV a représenté à elle seule 3,4 TWh d’électricité en 2024. Même si cette consommation baisse d’environ 3 % par an depuis trois ans grâce notamment aux efforts des FAI sur leur hardware mais aussi software, le régulateur rappelle qu’elle reste « très significative ».

Les gestes concrets pour reprendre la main

Bonne nouvelle : les solutions existent, elles sont gratuites ou presque, et certaines ne demandent que 30 secondes. La première, accessible depuis l’interface de gestion de votre box, c’est la coupure nocturne du Wi-Fi. Cette coupure nocturne, simple à programmer en quelques clics, suffit à réduire la consommation de près de 19 % selon les mesures de l’ARCEP. Adoptée à grande échelle, cette seule pratique pourrait générer des économies collectives considérables, sans le moindre sacrifice en termes de confort d’usage.

Pour aller plus loin, la multiprise à interrupteur reste l’outil le plus efficace du marché. Une simple multiprise avec interrupteur permet de ramener la consommation du bloc d’alimentation à seulement 0,1 watt. Branchez dessus votre box, votre décodeur et votre télé, et éteignez le tout le soir avant d’aller dormir. Éteindre sa box la nuit (8 heures) réduit sa consommation de 27 kWh par an, soit 5 euros d’économie. Ce n’est pas révolutionnaire pris isolément, mais combiné aux autres appareils en veille du foyer, ça change la donne. D’après l’ADEME, un ménage a entre 40 et 50 équipements en veille, ce qui peut coûter plus de 80 euros par an. Débrancher ces appareils permet d’économiser 10 % sur la facture annuelle.

En activant le mode veille profonde proposé par certains opérateurs, la consommation énergétique d’une box peut diminuer de 25 à 30 % selon les modèles. Bien que cette réduction puisse sembler modeste, elle peut avoir un impact notable sur la consommation annuelle si le mode veille est utilisé régulièrement.

La réglementation commence à forcer la main

L’Union européenne a décidé de ne plus laisser les fabricants faire ce qu’ils veulent. Le règlement européen 2023/826, entré en vigueur en mai 2025, plafonne désormais la veille réseau des équipements à 8 watts, seuil qui sera abaissé à 7 watts en mai 2027. Cette contrainte réglementaire place les box internet les plus énergivores du parc français en situation de non-conformité future, forçant une modernisation progressive du parc installé.

La Commission européenne estime que ces nouvelles règles permettront d’économiser 32,5 TWh par an d’ici 2030 et d’éviter 4,6 millions de tonnes de CO₂. Pour contextualiser ce chiffre : 32,5 TWh, c’est à peu près la consommation électrique annuelle de la Belgique entière. Un seul règlement sur les box et décodeurs, et on parle d’économies à cette échelle.

La réglementation ne s’applique toutefois qu’aux nouveaux équipements commercialisés. Cette réglementation n’est pas rétroactive et ne s’applique que pour les nouvelles box internet commercialisées. Les dizaines de millions de vieux boîtiers déjà installés dans les foyers français continueront à consommer autant jusqu’à leur remplacement. si votre opérateur vous propose une mise à niveau vers un équipement plus récent, c’est peut-être le moment d’accepter.

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