Votre WiFi 7 flirte avec les 6 Gbps théoriques sur la fiche produit, mais dans la vraie vie vous regardez Netflix en 720p et votre collègue en visio ressemble à une peinture impressionniste. Le problème vient peut-être moins de votre routeur que de l’endroit où vous l’avez posé, probablement au même endroit que l’ancien depuis 2017. Une commande dans votre terminal suffit à confirmer le diagnostic, et la correction prend moins de temps que de regarder une bande-annonce.
À retenir
- Une commande cachée révèle en deux secondes si votre routeur souffre d’un mauvais positionnement
- Le WiFi 7 est particulièrement sensible aux obstacles : découvrez quels ennemis l’étouffent vraiment
- Un déplacement stratégique peut suffire, mais certains appartements demandent une solution plus radicale
La commande qui dit tout en deux secondes
Sur Windows, ouvrez PowerShell (clic droit sur le menu Démarrer, « Terminal Windows ») et tapez :
netsh wlan show interfaces
Le résultat qui s’affiche est une mine d’informations. Ce qui vous intéresse en priorité, c’est la ligne Signal exprimée en pourcentage, et la ligne Receive rate / Transmit rate qui indique les débits négociés avec le routeur. Un signal à 90% avec des taux de transfert dans les chaussettes, c’est souvent le signe d’un problème de positionnement ou d’interférences, pas d’une panne matérielle.
Sur macOS, l’équivalent se cache dans un menu un peu moins évident. Maintenez la touche Option et cliquez sur l’icône WiFi dans la barre des menus. Une fenêtre détaillée apparaît avec le RSSI (Received Signal Strength Indicator), exprimé en dBm, une valeur négative dont vous voulez qu’elle soit la plus proche de zéro possible. Entre -50 et -65 dBm, vous êtes bien. En dessous de -75 dBm, votre routeur vous crie au secours depuis son placard.
Sous Linux, un simple iwconfig ou iw dev wlan0 link dans le terminal vous donne les mêmes informations. La logique est identique.
Ce que ces chiffres révèlent sur votre installation
Le WiFi 7 apporte une nouveauté par rapport aux générations précédentes : le Multi-Link Operation, ou MLO, qui permet à votre appareil d’utiliser simultanément plusieurs bandes de fréquences (2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz). C’est génial sur le papier, mais cette technologie est particulièrement sensible aux obstacles physiques. La bande 6 GHz, qui offre les débits les plus élevés, a une portée réduite et supporte très mal les murs en béton, les cloisons chargées de métal ou les grandes baies vitrées qui réfléchissent les ondes.
Concrètement : si votre commande révèle que votre appareil se connecte uniquement en 2,4 GHz alors que vous êtes dans la même pièce que le routeur, le MLO ne fonctionne pas et vous passez à côté de tout ce que le WiFi 7 promet. Un RSSI correct mais des taux de transfert bas indique souvent que le routeur est certes « visible » de votre appareil, mais entouré d’objets qui perturbent le signal, une télé, un four à micro-ondes, d’autres équipements Bluetooth à proximité immédiate.
Autre info à surveiller dans la sortie de commande : le channel (canal) utilisé. Si plusieurs routeurs voisins partagent le même canal, la congestion s’installe. Sur les bandes 5 GHz et 6 GHz, les routeurs WiFi 7 gèrent ça mieux qu’avant grâce à des canaux plus larges, mais ça ne les rend pas imperméables au problème.
Correction en 5 minutes chrono
Avant de déplacer quoi que ce soit, prenez la commande comme référence de départ. Notez le signal et les débits actuels, c’est votre point de comparaison.
Le repositionnement idéal d’un routeur WiFi 7 répond à quelques principes simples. Placez-le en hauteur (une étagère, pas le sol), au centre géographique de l’espace à couvrir, et loin de trois catégories d’appareils : les sources de chaleur, les appareils émettant en 2,4 GHz comme les vieilles enceintes Bluetooth ou les babyphones, et les grandes surfaces métalliques. Les murs porteurs en béton armé sont vos ennemis jurés pour la bande 6 GHz, une règle simple : si vous ne voyez pas le routeur depuis votre canapé, la 6 GHz a probablement du mal à vous atteindre.
Une fois repositionné, reconnectez-vous et relancez la commande. Sur Windows, vous pouvez même automatiser la surveillance avec une petite boucle PowerShell :
while ($true) { netsh wlan show interfaces | findstr « Signal » ; Start-Sleep -Seconds 3 }
Ça rafraîchit la valeur du signal toutes les 3 secondes pendant que vous promenez votre ordinateur portable dans l’appartement. Vous trouvez ainsi les zones mortes en temps réel, sans application tierce, sans abonnement, sans avoir besoin d’un master en réseau.
Si après déplacement le signal reste médiocre, l’interface d’administration du routeur (généralement accessible via 192.168.1.1 ou 192.168.0.1) permet souvent de forcer un changement de canal ou d’activer explicitement le MLO si ce n’est pas déjà le cas par défaut. Chaque fabricant a sa propre interface, mais l’option se trouve presque toujours dans les paramètres sans fil avancés.
Et si ce n’est pas suffisant ?
Il y a une réalité que les fiches techniques des routeurs WiFi 7 n’écrivent pas en gros : dans un appartement haussmannien aux murs épais de 40 cm, même le meilleur routeur du monde peine à couvrir cinq pièces depuis une seule position. Le WiFi 7 est plus efficace que ses prédécesseurs pour extraire du débit dans des conditions difficiles, mais il ne fait pas de miracles physiques.
Dans ce cas, la vraie réponse n’est pas un meilleur routeur mais un système mesh WiFi 7, où plusieurs points d’accès se relaient en maintenant des débits élevés grâce au MLO entre les nœuds. Ce n’est pas la même chose qu’un répéteur classique qui divise le débit par deux à chaque saut, les systèmes mesh modernes utilisent une liaison dédiée entre les unités, invisible pour vos appareils.
La question qui reste ouverte : avec l’arrivée progressive du WiFi 7 dans les boxes des opérateurs français, combien d’abonnés vont bénéficier des nouvelles fréquences sans jamais changer l’emplacement de leur box depuis l’installation du technicien en 2019 ? Le meilleur protocole réseau du monde ne sert à rien coincé derrière un meuble IKEA.
Sources : leclaireur.fnac.com | techcroute.com